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Revoir les politiques de sécurité

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Le comportement à risque des chauffeurs semble avoir été exacerbé durant la pandémie. PHOTO Frank McKeanna / Unsplash

Alors que le nombre de déplacements a été réduit au cours des deux dernières années, les accidents ont connus une hausse significative.

C’est ce que constatent Katherine Vigneault, directrice chez Matrix Consulting Group et Matthew Betz, expert en optimisation des parcs pour la firme DTE Energy lors de leur présentation dans le cadre de la NAFA I&E virtuel qui s’est déroulée récemment.

Mme Vigneault a occupé des postes de commandement dans la division des transports des Forces armées canadiennes pendant 30 ans y a constaté que plus de militaires perdaient la vie en déploiement lors d’accidents de la route que lors des combats.

« Penser que la question de la sécurité au volant est réglée dans nos parcs est une erreur, tranche-t-elle. Les récentes statistiques indiquent en effet une hausse de 24 % des accidents impliquant des véhicules commerciaux en 2020 et 2021. Il peut s’agir de comportements dangereux, de fatigue ou simplement de chargements mal arrimés. C’est une situation qui peut être remédiée en grande partie par une politique claire de sécurité au volant. Il ne fait aucun doute que la vaste majorité de ces accidents peuvent être évités. »

Gérer l’humain

Selon elle si l’entreprise n’a pas de telle politique claire, il est grand temps d’y voir et même les entreprises qui ont recours à un parc de véhicule et en possèdent une gagneraient à la revoir et à s’assurer qu’elle soit appliquée.

« Nous gérons des véhicules, certes, constate M. Betz, mais nous gérons aussi des humains. Les véhicules de nos parcs sont de plus en plus sécuritaires avec les caméras de recul ou à vision 360 degrés et tous les systèmes avancés d’aide à la conduite, sans parler des données tirées de la télématique. C’est sur les comportements des chauffeurs qu’il faut se pencher. »

Pour ces deux experts, la politique de sécurité au volant devrait être un document distinct du guide de l’employé et comporter des normes claires. Ce document devrait être conçu en collaboration avec tous les gestionnaires et responsables qui touchent au parc. Ensuite, il doit être partagé, mis à jour et compris par les chauffeurs.

On devrait trouver dans ce document les comportements à proscrire, mais aussi les responsabilités du superviseur en matière d’entretien du véhicule et de suivi des chauffeurs. « Un comportement à risque ne va pas se corriger tout seul, insiste M. Betz. Un chauffeur qui téléphone au volant, qui a une conduite erratique ou excède la vitesse doit être rencontré immédiatement après son quart de travail et confronté aux données de télématique, quand elles sont pertinentes. On doit lui expliquer clairement que son comportement est inacceptable et mettre en place des conséquences. Sinon, rien ne changera. »

À l’inverse, il recommande de renforcer positivement les bons comportements. Cette approche serait dix fois plus efficace que les mesures coercitives. Un relevé mensuel des bons chauffeurs donne l’occasion de souligner les bons comportements. M. Betz mentionne par exemple qu’une compagnie de transport publie annuellement dans un grand journal national les noms de ses meilleurs chauffeurs, indiquant qu’ils n’ont été impliqués dans aucun accident qu’ils auraient pu éviter tout en ayant parcouru des milliers de kilomètres.

Comprendre les incidents

Pour Mme Vigneault il est important d’offrir aux chauffeurs une fiche d’urgence à consulter en cas d’accident ou d’incident sur la route. Ces informations, qui doivent être comprises par le chauffeur, expliquent la marche à suivre s’il constate des dommages sur son véhicule garé ou est impliqué dans une collision plus grave. Dans les cas plus légers, il pourrait être appelé à prendre simplement une photo des dommages et la partager avec son superviseur à son retour. Dans les cas plus graves, alors qu’il risque d’être passablement stressé, ce guide lui indiquera les étapes à suivre, avec les personnes-ressources responsables ou la nécessité d’appeler le 911 si la gravité de la collision l’impose.

« Plusieurs incidents ne sont tout simplement pas rapportés par le chauffeur, constate Mme Vigneault. Il faut pourtant en comprendre la cause. Le véhicule devrait d’ailleurs être inspecté à son retour et le chauffeur rencontré s’il affiche des dommages qui ne tombent pas dans la catégorie de l’usure normale. En analysant les causes, on comprend si ces dommages étaient évitables et le cas échéant, le comportement du chauffeur devra être corrigé. Parfois, lorsque le véhicule recule par exemple, une caméra d’appoint pourrait être une solution pour réduire l’occurrence de ces incidents. »

Comme elle le souligne, les causes des accidents peuvent aussi découler d’un mauvais entretien du véhicule, de l’état de la chaussée ou des conditions climatiques. En ce cas, c’est au superviseur de s’assurer que son chauffeur prenne la route dans des conditions sécuritaires.

Puisque les politiques de sécurité au volant glissent graduellement hors de l’esprit des utilisateurs, il est bon, selon M. Betz, de mettre en place des campagnes ciblées de sensibilisation soutenues par une mise à jour de la formation. « Que ce soit le cellulaire au volant, le fait de suivre de trop près la voiture qui nous précède ou encore le recul constant dans des obstacles, il faut revenir sur les objectifs et renforcer les bonnes pratiques. »

 

Catégories : Éditorial, Parc
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