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Nouvelle réglementation sur le bruit

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La 39e édition du Colloque Auto Prévention s’est déroulée à la fois virtuellement et en présence, à Trois-Rivières. PHOTO Auto Prévention

Lors du 39e Colloque d’Auto Prévention, le 18 mars, l’accent a été mis sur la nouvelle mouture de la réglementation sur le bruit, qui va toucher les ateliers dès le 16 juin 2023.

Ce colloque, présenté en personne à l’hôtel Delta à Trois-Rivières et sur une plateforme virtuelle, a permis aux gestionnaires d’ateliers de comprendre dans quelle mesure la perte auditive causée par les bruits intenses et répétitifs lors des travaux représente un véritable fléau. À telle enseigne que la CNESST va appliquer une nouvelle réglementation l’an prochain pour mieux protéger les travailleurs.

Cette nouvelle réglementation réduit sensiblement le nombre de décibels que peuvent accumuler les travailleurs dans les ateliers. Avant sa mise en vigueur, la CNESST va rendre accessibles des guides permettant aux gestionnaires d’identifier les risques et comment les réduire ou les éliminer.

Ce graphique illustre comment la nouvelle réglementation va affecter les heures d’exposition aux bruits intenses et répétitifs, par exemple provoqués par une clé à impact. PHOTO Auto Prévention

« Auto-Prévention diffuse déjà de la formation au sujet des risques de perte d’ouïe dans nos milieux de travail, explique Marianne Laforte, conseillère en prévention pour cette organisation. Les ateliers de mécanique, les carrosseries et les centres de pneus sont des entreprises particulièrement bruyantes. On n’a qu’à penser aux périodes de pointe de changement de pneus pour comprendre à quoi nos travailleurs sont exposés. Les gens s’habituent au bruit, mais ses effets cumulatifs sont irréversibles. Ceci étant dit, il n’est jamais trop tard pour ajuster nos façons de faire. »

La nouvelle réglementation fera passer d’une moyenne de 95 dBA à 85 dBA de moyenne quotidienne le bruit limite, ce qui représente le nombre de décibels perçus par l’oreille humaine. Des équipements spécialisés, dosimètres et sonomètres seront utilisés pour déterminer à quel niveau de bruit sont exposés les travailleurs durant leur journée de travail.

Marianne Laforte, conseillère en prévention chez Auto Prévention, en compagnie de Sophie Charron, conseillère experte en prévention à la CNESST, ont expliqué la nouvelle réglementation sur le bruit. PHOTO Auto Prévention

Des solutions

Comme le mentionne Mme Laforte, une période d’ajustement de cinq ans est prévue pour les ateliers où le bruit dépasse la limite, après mesure. « Il faut le temps d’identifier les sources de bruit et élaborer les correctifs. L’entreprise est tenue de déployer tous les moyens raisonnables pour atteindre les nouvelles normes. Cela signifie de choisir des outils et équipements moins bruyants, changer certains processus ou encore réduire les heures où un travailleur est exposé à des équipements bruyants. »

Si, malgré l’application de ces mesures et l’impossibilité de réduire le bruit rapidement, les travailleurs doivent porter des appareils de protection auditive. On parle ici de bouchons ou de coquilles. Lors de la présentation, une démonstration de leur installation et de leur efficacité a eu lieu.

Mentionnons que le bruit excessif va évidemment entraîner une fatigue auditive, possiblement des bourdonnements dans les oreilles et à terme, des dommages irréversibles. Mais un environnement bruyant peut aussi entraîner des maux de dos, des difficultés à digérer, des tensions musculaires, une accélération des battements cardiaques ainsi qu’un stress et une impatience plus intenses.

Une approche globale

Le conférencier Alain Ponsard, consultant en leadership, santé et sécurité, avait mis la table lors du colloque en expliquant que la sécurité au travail va bien au-delà de la simple application d’affiches sur les murs. « Même si dans la perception des gens en milieu de travail est que tout va bien, il faut faire le tour des risques et avoir le courage d’intervenir et d’implanter des mesures avec rigueur. »

Souvent, il est question de changer les habitudes et de s’assurer que toute l’équipe adopte les bonnes pratiques. Si un travailleur décide que les bouchons de protection auditive ne sont pas pour lui, difficile de les faire adopter par tous.

Le consultant Alain Ponsard a expliqué comment changer les habitudes en matière de santé et sécurité, notamment en renforçant les bons comportements. PHOTO Auto Prevention

L’expert mentionne que 80 % des accidents au travail se produisent lors d’activités de routine effectuées par des gens d’expérience. Selon lui, une rencontre de quelques minutes avant l’ouverture de l’atelier avec les membres de l’équipe permet de réduire les risques en mentionnant à tous les éléments nouveaux qui pourraient affecter leur routine, que ce soit l’absence d’un collègue ou un travail inhabituel. « Le risque est là où un élément sort de la routine », indique M. Ponsard.

Pour faciliter l’adoption de bonnes habitudes, il recommande de les renforcer en soulignant les bons coups, lors des rencontres d’équipe. Comme il le note, des comportements à risque proviennent souvent d’un désir de gagner du temps ou de bien paraître aux yeux des collègues et des patrons. « Il faut prendre le temps d’expliquer aux travailleurs l’importance de la politique de santé et sécurité. Expliquer à un employé qu’il doit porter ses protecteurs auditifs en détaillant l’impact du bruit sur ses oreilles et les dommages qu’il peut causer montre qu’on tient à sa santé. »

 

Catégories : Éditorial, Mécanique
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