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Automechanika 2021 : L’atelier du futur

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Arnd Franz de LKQ Europe, explique comment les services offerts en atelier devront évoluer. PHOTO LKQ Europe

Une très éclairante table ronde se déroulant lors du salon virtuel Automechanika de Francfort, le 14 septembre, traçait un portrait de l’atelier de demain.

Cette rencontre virtuelle réunissait des joueurs importants sur le marché allemand et européen et une bonne partie de leurs discussions est éclairante pour ce qui attend le marché secondaire canadien.

Jens Nietzchemann l’organisation qui gère les données des véhicules en Allemagne, le DAT, était en compagnie du président de LKQ en Europe, Arnd Franz et d’un partenaire de la firme MHP Management, qui accompagne les concessionnaires avec leurs solutions informatiques. Ces trois personnes font partie du comité de réflexion « Futur Workshop ».

Ce comité exerce une veille sur les grands enjeux du secteur automobile, allant des techniques de construction, aux attentes des consommateurs en passant par le diagnostic et l’entretien des véhicules de nouvelle génération.

Le virage électrique

Une partie de la discussion a porté sur le virage électrique du parc automobile en Europe.

Le professeur et docteur Stefan Reindl de l’Institut des constructeurs automobiles allemands, animateur de cette rencontre, a expliqué ce à quoi pourrait ressembler un centre de services mécaniques chez un concessionnaire, entre les ventes et la formation. PHOTO Institut des constructeurs automobiles allemands

Selon l’analyse du marché actuel, à peine 1 % des véhicules légers en circulation en Europe sont 100 % électrique.

Mais ce pourcentage pourrait atteindre 18 % en 2030.

Tout cela est tributaire en grande partie de la réglementation environnementale dans les divers pays du vieux continent et à l’adoption, ou non, d’une date butoir de conversion.

Un autre facteur accélérant est les divers programmes de subventions et d’incitatifs mis en place par les gouvernements nationaux, régionaux, ou même municipaux.

« Les états ne pourront pas continuer longtemps à prendre l’argent des contribuables pour financer des rabais qui ne touche qu’une fraction du parc automobile, prédit Jens Nietzchmann de DAT. Là où j’habite en Allemagne, l’achat de ma voiture électrique a été subventionné à 23 %. C’est financièrement insoutenable à long terme. »

Cela étant dit, Arnd Franz de LKQ Europe, prédit que la conversion vers l’électrique va s’intensifier d’une façon ou de l’autre.

Même s’il n’y a pas de contraintes législatives à travers l’Europe les diverses décisions nationales devraient porter à 84 % la présence de véhicules électriques sur les routes européennes en 2050.

D’ailleurs il ne fait plus de doute que plusieurs constructeurs se sont engagés irrémédiablement dans la direction du véhicule électrique.

Changement de travaux

Ce qui fait dire à M. Franz que l’atelier de mécanique doit se positionner dès aujourd’hui s’il veut prendre ce virage.

« On sait déjà que ces véhicules demandent de l’entretien, mais les systèmes ADAS vont réduire le nombre de collisions même si elles vont demander des travaux plus dispendieux. La bonne nouvelle pour le marché secondaire c’est que les propriétaires de VÉ tendent à conserver leur véhicule longtemps, une douzaine d’années dans notre région. »

Ce que tient à dire M. Franz c’est que les ateliers doivent déjà se préparer à un changement dans le type de travaux qu’ils vont effectuer sur les véhicules de leurs clients.

Moins de travail sur les moteurs, mais davantage sur les systèmes électroniques et informatiques.

« On estime qu’un VE demande 50 % moins d’entretien en atelier, ce qui pourrait être inquiétant pour nos fournisseurs de services. Mais il faut voir comment ces véhicules vont vieillir et de nouvelles opportunités vont apparaître. En passant, selon nos études, des pays comme la Norvège ou les Pays-Bas, à forte concentration de véhicules électriques, n’enregistrent pas de baisses significatives de volumes d’entretien. Le phénomène est encore trop jeune pour tirer des conclusions alarmistes. »

Pour les panellistes, il faut que l’atelier indépendant se taille une place dans l’expérience des consommateurs qui optent pour le mode électrique.

Selon Athos Giannelli, du groupe MHP, filiale de Porsche, une voiture électrique neuve devrait être vendue avec les solutions de recharge clé en main. PHOTO MHP Management

« Les concessionnaires stratégiques vont vendre le véhicule électrique, explique Athos Giannelli, mais aussi la borne et son installation et le service d’entretien. Ils peuvent même établir, avec le client selon son emplacement, le véhicule qui correspond le mieux à ses habitudes et à la présence d’un réseau de recharge, à la maison, au bureau ou sur la route. »

Partage des données

L’organisme allemand DAT est la courroie de transmission entre les constructeurs et les réparateurs sur ce marché.

DAT s’assure ainsi d’offrir l’accès aux données de véhicules pour leur entretien tout comme les processus de réparation.

L’organisme allemand peut même établir les coûts estimés de réparation et offre un service d’évaluation de véhicules d’occasion.

Jens Nietzchmann mentionne que ce partage des données fait partie des mœurs, mais qu’il commence a été entravé par la télématique, où le véhicule va « parler » directement au constructeur.

« Il y a de ce côté un point à éclaircir, mais nous ne sommes pas inquiets. Il est clair pour nous qu’il n’est pas normal ni acceptable qu’un véhicule doive se faire réparer à un seul et unique endroit. Les consommateurs veulent des ateliers de proximité. Il y a peut-être un débat en ce moment pour déterminer à qui appartiennent les données, mais il doit y avoir une place pour les ateliers indépendants. Nous sommes dans un libre marché. »

Selon lui, le concept de contraindre le consommateur à s’adresser exclusivement à l’atelier du concessionnaire n’est pas une solution viable.

« Les concessionnaires subissent déjà une importante pression des constructeurs pour moderniser leurs installations ou contribuer à des campagnes de marketing coûteuses. Investir dans le département des services d’entretien est un poids supplémentaire. Alors que c’est l’essence même de la mission des ateliers indépendants. Évidemment, ces derniers devront se maintenir à la fine pointe de la technologie pour offrir le service. »

Catégories : Éditorial, Mécanique
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