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Inspection obligatoire : danger sur la voie publique

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L’inspection mécanique obligatoire des automobiles ne semble pas une priorité dans l’agenda du ministère des Transports. Et pourtant !

La table de concertation sur l’environnement et les véhicules routiers du Québec (TCEVRQ), qui regroupe des représentants de l’industrie automobile, n’en finit plus de soumettre des recommandations au ministère des Transports du Québec afin qu’une inspection mécanique soit obligatoire pour tout véhicule âgé de plus de huit ans lorsqu’il change
de propriétaire.
Mais la récente annonce de ce ministère à l’effet d’espacer d’un an les inspections des taxis, au lieu d’une visite à l’atelier tous les six mois, a remis de l’huile sur le feu (voir encadré). « Les taxis font trois fois plus de kilométrage par année qu’une voiture de tourisme. En plus, ils transportent des clients. C’est un mauvais signal à envoyer sur le terrain », s’insurge Joseph Bavota, directeur général de l’Association des mandataires en vérification mécanique duQuébec (ASMAVERMEQ).

Ce dernier, qui siège à la TCEVRQ, réaffirme son appui à un programme d’inspection mécanique pour les automobiles. « On est pour, c’est clair. Les enquêtes de coroners disent toutes la même chose et l’industrie travaille ensemble pour faire avancer le dossier, mais personne ne
nous écoute. »
Pour sa part, Pierre Beaudoin, directeur principal des services techniques chez CAA-Québec, n’a pu résister à son besoin de documenter la situation en photographiant une série de voitures en mauvais état ou ne répondant pas aux normes ; il nous les présente dans sa chronique en page 24.
« Qu’est-ce qui se passe du côté de nos autorités ? Il y a quelqu’un qui ne voit pas ce que l’on voit ! Nos routes sont pleines de voitures délinquantes. L’entretien mécanique n’est pas fait, ou encore les voitures ont été modifiées au mépris de la règlementation. Et c’est sans compter ce que l’on voit dans nos ateliers », dénonce-t-il.
Des cas concrets
Parlant d’ateliers, lors d’un récent voyage organisé par Uni-Sélect avec un groupe de garagistes de la marque, il a été facile pour Le Garagiste de recueillir des commentaires de spécialistes à ce sujet. Non seulement le Québec traîne-t-il misérablement de la patte face aux autres provinces et États de l’est du continent au chapitre des inspections mécaniques ou environnementales, mais le garagiste est complètement démuni lorsqu’une « minoune » en piètre état se présente à sa porte.
« La seule chose que je puisse faire est d’indiquer clairement sur la facture du client que sa voiture n’est pas en état de reprendre la route. Je sensibilise ainsile client, mais aussi, je me protège », explique Denis Pelletier, garagiste à Rivière-du-Loup.
Aucun pouvoir
« J’ai déjà appelé la police après le départ d’un client dont la voiture était un véritable danger public. J’ai donné une description, le numéro de la plaque et même le lieu de travail du client, mais trois mois plus tard, je voyais encore cette voiture – dont le châssis était tellement rouillé que le siège du conducteur ne tenait plus en place – rouler dans nos rues », renchérit Jonathan Côtes
de Waterville.
De son côté, Steve Oborne craint le pire, lui qui opère un atelier de mécanique Uni-Pro à Windsor. « J’ai récupéré une voiture dont le pneu avant gauche a éclaté alors qu’elle roulait à 50 km/h. L’éclatement a arraché l’aile et tout le filage électrique commandant la voiture. Je n’ose penser à ce qui aurait pu se produire sur l’autoroute à haute vitesse. Une terrible collision frontale aurait pu en découler. Quand j’ai inspecté les trois pneus restants, ils étaient usés à la corde ! »
Ces garagistes qui parlaient au nom de leurs collègues en tant que professionnels de la mécanique comprennent que les clients qui se présentent avec ce type de voiture n’ont sans doute pas le portefeuille très garni. Mais il en va de la sécurité des automobilistes et des autres usagers de la route.

Un bon point de départ
« L’idée d’une inspection mécanique obligatoire lors de la vente d’une voiture de plus de huit ans serait un excellent point de départ, enchaîne Denis Pelletier. Ça commencerait à faire le ménage dans le parc automobile. De plus, ça obligerait les propriétaires à bien entretenir leur voiture s’ils souhaitaient la revendre un jour sans qu’elle perde trop de sa valeur. »
Jonathan Côtes résume bien la situation des garagistes : « Nous avons une obligation morale, mais aucun pouvoir légal. » En effet, rien n’autorise un garagiste à retirer une voiture de la route, même s’il s’agit d’un
danger public.
« On ne sent pas une volonté politique d’agir maintenant, souligne Pierre Comtois, président de l’Association canadienne des constructeurs automobiles, mais aussi de la TCEVRQ. Va-t-il falloir une crise ou un accident grave pour que le dossier bouge ? Nous ne manquons pas une occasion de sensibiliser
le gouvernement. »
Le Garagiste a tenté de rejoindre le cabinet du ministre des Transports pour aborder cette question. Il est toujours en attente d’un retour d’appel.

Catégories : Mécanique

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