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Recyclage des VÉ : réduire les risques

Andy Latham, de Salvage Wire, parle de la sécurité et de la prévention des incendies lors du démantèlement des VÉ. PHOTO Salvage Wire

La prévention des incendies et l’application de protocoles de sécurité sont essentielles lors du démontage des véhicules électriques.

Grâce à la législation et aux initiatives gouvernementales visant à attirer les consommateurs, les ventes de véhicules électriques sont en hausse. Et comme on retrouve de plus en plus de ce type de véhicule sur nos routes, ils sont également plus nombreux à accumuler du kilométrage, à être impliqués dans des accidents, à être déclarés pertes totales et à atteindre la fin de leur durée de vie utile.

Pour les recycleurs automobiles, cela représente une considération importante, car les véhicules hybrides et électriques à batterie doivent être traités différemment des voitures et camions conventionnels.

Pour aider à fournir plus de détails sur la manière exacte de démonter et de recycler ces véhicules de manière sûre et efficace, Andy Latham, de Salvage Wire au Royaume-Uni, a animé une séance dans le cadre de la conférence et de l’exposition virtuelle 2020 de l’Association du recyclage automobile (ARA).

Base de données sur les batteries

Au départ, M. Latham a parlé d’une énorme base de données sur les batteries construite par Salvage Wire et qui sera accessible aux membres de l’ARA. L’objectif est de fournir une ressource indispensable sur les batteries et les véhicules, y compris les véhicules qui ont des systèmes électriques à haute tension et les types de batteries qu’ils utilisent, que ce soit des batteries de démarrage, des batteries de 48 volts, des batteries de porte-clés, des batteries de capteurs de pression des pneus, des batteries d’accessoires, des batteries de téléphone, etc.

Dans l’ensemble, M. Latham a déclaré que la base de données contient des véhicules du milieu des années 1970 jusqu’à aujourd’hui. On compte en moyenne 4,62 batteries par véhicule, avec une augmentation significative à partir de 1995 (et un grand saut à partir de 2010). Aujourd’hui, il note que certains véhicules peuvent contenir jusqu’à 22 batteries différentes.

Pourtant, la base de données n’est pas complète et il encourage l’industrie à y ajouter continuellement des informations, car « plus nous avons de données, plus la base de données est utile pour tout le monde. »

En ce qui concerne le recyclage proprement dit, M. Latham a évoqué certaines considérations très importantes concernant la manipulation et le stockage des batteries. Il a fait remarquer que les différents types de batteries, par exemple les batteries nickel-hydrure métallique et celles au lithium-ion, ne devraient pas être placées à proximité immédiate l’une de l’autre et devraient être stockées séparément pour réduire le risque de réactions chimiques et d’incendies.

M. Latham ajoute que le nombre de VÉ entrant dans les cours de récupération augmente avec la demande de traitement et de recyclage, et qu’il est donc essentiel que chaque recycleur dispose d’un plan de prévention des incendies.

Incendies intenses

Il note que si les VÉ ne sont pas nécessairement plus sujets à prendre feu qu’un véhicule ordinaire, lorsqu’ils le font, ils ont tendance à brûler intensément. « Nous avons vu des tests où la température du feu a rapidement atteint 1000 degrés Celsius (1832 °F) ou plus. » Il explique également que les systèmes de batterie de ces véhicules comportent plusieurs cellules disposées en série, et que lorsqu’une cellule chauffe et prend feu, elle provoque une réaction en chaîne, également appelée emballement thermique.

Il est donc crucial de disposer d’un solide plan de prévention des incendies, qui comprend une trousse de détection et de prévention des incendies et des équipements tels que des caméras thermiques. Des exercices d’incendie réguliers pour le personnel qui travaille sur place et des équipements de protection et de prévention des incendies sont également essentiels.

Il conseille également aux recycleurs de désigner une zone de quarantaine spéciale pour les véhicules électriques, de les stationner à au moins cinq mètres des autres véhicules, bâtiments et objets, de les mettre hors tension et d’en retirer les batteries dès que possible.

Lorsque des incendies se déclarent, il conseille également aux recycleurs d’investir dans des équipements tels que des couvertures anti-feu pour voitures, qui sont conçues pour contenir le feu et réduire la température, en gardant le véhicule couvert pendant au moins une heure jusqu’à ce que le feu s’éteigne. M. Latham note que c’est une stratégie bien plus efficace que d’essayer d’éteindre le feu avec de l’eau.

En effet, puisqu’il faut environ 10 000 litres d’eau pour éteindre un VÉ en feu et que le camion de pompiers moyen ne transporte que 1200 litres, utiliser de l’eau pour éteindre les feux de VÉ n’est pas un plan efficace. De plus, les services d’urgence mettent trop de temps à atteindre le feu et même si vous avez accès à une borne d’incendie et à des tuyaux sur place, il faut aussi tenir compte de la contamination de l’eau par le VÉ en feu et son système de batterie.

M. Latham note que des tests effectués avec des couvertures anti-feu pour voitures ont montré qu’un feu à haute température sur un VÉ peut être rapidement refroidi, ce qui empêche le feu de se propager et réduit au minimum les dégâts. Les couvertures anti-incendie pour voiture sont également réutilisables, jusqu’à 30 fois dans certains cas.

Sécurité et formation adéquates

Outre les stratégies de prévention des incendies, M. Latham insiste également sur la nécessité d’instaurer des protocoles de sécurité appropriés et de bien former les personnes qui travailleront sur des véhicules électriques.

Selon lui, il est important que les recycleurs le fassent, non seulement pour la santé et la sécurité de leurs employés et de leur personnel, mais aussi pour assurer l’imputabilité et la responsabilité et ainsi créer un processus efficace lorsqu’ils travaillent sur des VÉ et des hybrides.

Salvage Wire distingue quatre niveaux distincts pour classer les employés impliqués dans le recyclage des VÉ. Il s’agit des niveaux suivants :

  • Niveau 1 – La personne informée. Il peut s’agir du personnel de vente, de celui qui nettoie et prépare les véhicules, des conducteurs ou de la personne qui manipule les pièces. Ils ne sont pas directement impliqués dans le travail sur le véhicule, mais ils doivent être conscients de son fonctionnement et connaître les risques associés.
  • Niveau 2 – Ce sont des personnes « compétentes en matière de VÉ » qui sont capables de travailler sur des VÉ démantelés et de travailler avec les systèmes haute tension, à condition que le véhicule ne soit pas en état de marche. Il est recommandé qu’une personne plus qualifiée puisse travailler avec eux pour évaluer le véhicule et être disponible pour répondre aux questions et les aider, si le véhicule devait être mis en état de marche.
  • Niveau 3 – Il s’agit de personnes « autorisées à utiliser des VÉ » qui sont formées selon une norme de niveau 3 afin de pouvoir travailler sur des systèmes à haute tension lorsque le VÉ est sous tension. Elles sont capables de vérifier et d’évaluer le véhicule et d’élaborer un plan et une stratégie de démantèlement, en travaillant avec une personne de niveau 2 sur le démantèlement effectif du véhicule. Ils doivent également superviser le retrait physique des batteries et leur stockage.
  • Niveau 4 – Il s’agit du personnel supérieur et autorisé, qui est responsable et auquel les autres s’adressent s’il y a un problème ou une question particulière qui doit être discutée. Ce sont également les personnes qui peuvent effectuer des travaux de diagnostic ou de réparation spécialisée et des tests lorsque le véhicule est sous tension.

M. Latham indique également qu’il est important de comprendre que non seulement on s’attend à ce que de plus en plus de VÉ se retrouvent entre les mains des recycleurs au cours des prochaines années, mais que les niveaux de tension ne feront qu’augmenter.

Il est donc essentiel de prendre dès maintenant les mesures nécessaires pour introduire des protocoles de sécurité et d’incendie appropriés, si l’on veut que les recycleurs d’automobiles traitent adéquatement les VÉ et les hybrides en fin de vie ou hors d’usage.

 

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