De nos jours, une entreprise de seconde génération qui franchit le demi-siècle haut la main a forcément des atouts majeurs.
Mont-Joli, la Matapédia, la Baie-des-Chaleurs, Gaspé et la rive nord de la Gaspésie délimitent le territoire de 80 000 habitants desservi par cette institution de Matane qu’est Pneus Côté.
Il n’y a pas un routier, un garagiste, un industriel, un « abonné » du tour de la légendaire péninsule ou encore un pêcheur de saumon, voire un chasseur d’orignaux qui n’en connaît pas le nom, sinon les services.
Sise rue du Phare Ouest, à l’entrée de Matane, l’entreprise spécialisée depuis plus de 50 ans a pour premier marché cette ville de 14 000 citoyens et des garagistes disséminés sur 30 000 km2.
Étant dans le rayon immédiat du fort achalandage du traversier allant à Baie-Comeau et Godbout, une partie des inter-riverains de la Côte-Nord et de la Basse-Côte-Nord sont aussi de ses clients.
Du classique au pneu
En quittant Saint-René-de-Matane en 1965 pour ouvrir son premier atelier sous l’appellation Service de pneus E. Côté, Raynald, fils aîné d’Émilien, n’aurait pu voir plus juste.
Né dans une famille de commerçants aguerris qui ont pignon sur rue près de l’entrée du parc de Matane, presque à mi-chemin d’Amqui, on lui reconnaissait déjà une fibre entrepreneuriale manifeste.
À celle-ci s’ajoutait en outre une enviable carte maîtresse, soit cette clé majeure de réussite qu’aura été la légendaire formation classique acquise au pensionnat des Clercs de Saint-Viateur.
Même s’il avait été tentant d’aller à l’université, le goût du commerce du pneu l’a emporté sur l’influence qu’avaient pourtant eue sur lui des lettres et des arts dont il apprécie toujours la valeur.
Il est donc clair que les tournées des ateliers de la Gaspésie, qu’il avait faites au volant du camion d’outillage de son père ont été déterminantes dans son choix de carrière, ainsi que la vente de pneus Dunlop.
Un pionnier d’Unipneu
De fait, de tous les autres services offerts par l ’entreprise familiale de Saint-René – magasin général, motel, taxi et transport scolaire –, c’est celui de la mécanique automobile qui l’avait d’abord attiré.
D’où sa première initiative de louer à 20 ans la station-service BP de Matane et d’y travailler seul plus de 10 heures par jour, 7 jours par semaine, en faisant la navette entre pompes et atelier.
En 1967, il emménage sur la rue D’Amours où, mettant l’accent sur les pneus, il ferme deux ou trois jours par mois afin de livrer ses produits et d’étendre ce service à l’ensemble de la Gaspésie.
Onze ans plus tard, son expérience et la rigueur de son administration le conduisent à faire partie du groupe sélect des premiers marchands du réseau Unipneu, devenu Point S, dont il a longtemps siégé au conseil d’administration.
Un bond vers l’avenir
Les moments les plus marquants ont ensuite été l’arrivée dans l’entreprise de son fils Stéphane, et la construction en 2013 de l’actuel bâtiment de 22 000 pieds carrés.
Diplômé en techniques administratives, celui-ci a graduellement pris les rênes, passant de ce qui était à ses yeux d’enfant une garderie au poste de président d’un atelier tout 21e siècle, « béni » par son père.
Rompu à toutes les tâches, y compris celle de préposé à la pose des pneus, il a été au coeur du projet de construction de ce nouvel atelier dont il avait esquissé les grandes lignes à l’arrière d’une affiche !
Spécialisé et certifié poids lourds
Stéphane Côté est aux commandes d’un centre qui ne cesse d’évoluer depuis plus de 50 ans : le chef-lieu gaspésien des services de pointe en automobile, poids lourds et équipement industriel.
Fondée par un visionnaire, Pneus Côté a été le pilier gaspésien d’un réseau qui a contribué à l’histoire de la région.
Cofondateur d’Unipneu
Raynald Côté fait partie du groupe des huit qui, à l’instigation de Marcel Richard, également accompagné de Jean-Marc Drouin, Guy Dufour, Fernand Houde, Benoît Michaud, Paulin Plamondon et Benoit Vachon, ont été à l’origine d’Unipneu.
Les chiffres d’abord
Raynald Côté, qui a connu l’époque des cardex et des « fax », n’a jamais fermé boutique sans vérifier le prix de revient de ses opérations : un réflexe qu’il faut avoir même à l’ère de l’informatique.