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Entre VUS, multi segments et berlines … La mort de la voiture

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Une espèce à quatre roues en voie de disparition. 

Laissez-moi vous faire un aveu avant d’entrer dans le vif du sujet : j’aime profondément les voitures. Remarquez que j’ai écrit « voitures » et non « véhicules », « VUS » ou « camions ». Ma préférence pour les voitures vient de leur supériorité évidente sur le plan de l’agrément de conduite, de la maniabilité, de l’économie de carburant, de la sécurité (on risque moins le capotage lors d’un accident). De plus, elle sont plus belles, pour ne nommer que ces quelques avantages. Ce sont tous des critères objectifs, je vous assure. Les voitures s’avèrent tout simplement le meilleur choix.

Pourtant ces jours-ci, les statistiques démontrent que je suis vraiment minoritaire dans mes préférences. Au Canada, le marché des autos neuves compte environ 30 % de voitures et 70 % de VUS, camions et fourgonnettes (que j’appellerai ici « camions »). La grande nouvelle concerne moins les chiffres actuels que le changement de préférences des consommateurs au cours des 10 dernières années.

Le règne des voitures

Il n’y a pas si longtemps, les voitures régnaient. Lorsque Statistique Canada a commencé à recenser les informations automobiles en 1946, les préférences se situaient autour de 70 % pour les voitures et 30 % pour les camions, soit le contraire des chiffres actuels. Dans les années 1950, la part des camions a baissé à 20 % et s’est maintenue ainsi jusqu’au milieu des années 1970, remontant par la suite au-dessus des 30 %. Après une crise énergétique dans les années 1970, les camions ont regagné en popularité dans les années 1980 et leur ascension s’est poursuivie.

De la fin des années 1990 jusqu’en 2008, le marché était divisé à parts égales entre voitures et camions. Puis, en 2009, les camions ont pris le dessus et leur cote de popularité n’a cessé d’augmenter depuis au Canada. Je le rappelle : aujourd’hui, la part du marché des camions est de 70 % et celle des voitures de 30 %.

Il s’en est passé des choses en coulisse pour en arriver là. En 1946, par exemple, le premier grand Jeep, le Willys Station Wagon, arrivait sur le marché. Depuis ce temps, l’offre de VUS grand format a connu une forte croissance en raison de notre affection pour leur côté utilitaire et costaud. Lorsqu’on a commencé à voir des VUS dérivés de voitures, par exemple l’AMC Eagle et la Subaru Outback, l’adoption de tout ce qui est VUS par le consommateur est passée à la vitesse supérieure.

À l’aube du multisegment

L’invention du multisegment – véhicule résultant d’un croisement entre un véhicule de type VUS et une berline ou un coupé – a considérablement changé la donne. Elle a remédié à des lacunes évidentes présentes dans les VUS qui sont directement inspirés du camion. Les multisegments se rapprochent des voitures en ce qui a trait à la taille et à la maniabilité. Par ailleurs, les progrès technologiques réalisés au fil des ans en matière de motorisation ont permis aux multisegments d’atteindre une consommation de carburant plus raisonnable.

La transition du marché automobile vers les camions a eu des conséquences favorables. Le changement de préférences des consommateurs signifie que la valeur des voitures d’occasion retenue au fil du temps, d’après le prix initial, est inférieure à celle des camions. Au cours des trois dernières années, cet écart a atteint en moyenne 10 % après quatre ans.

Cela affecte également la valeur résiduelle prévue au bail. Si la valeur retenue est inférieure pour une voiture, le paiement mensuel sera généralement plus élevé. Même si le PDSF des VUS est très souvent supérieur à celui de voitures comparables, l’avantage de la valeur résiduelle permet aux VUS d’offrir des mensualités comparables ou même inférieures à celles des voitures !

L’impact sur les constructeurs

Ce changement fondamental du marché a influencé l’orientation du développement des produits par les constructeurs. Compte tenu des préférences du marché, les équipementiers ont choisi de limiter le développement des voitures, ce qui accentuera la tendance vers le marché du camion. Moins de nouveaux modèles de voitures seront donc lancés et vendus.

Lors d’un évènement auquel j’assistais récemment, un gestionnaire principal de l’industrie automobile expliquait que de nombreuses voitures présentes sur le marché depuis longtemps ne verraient probablement pas le jour à l’arrivée de la prochaine génération. Par ailleurs, FCA, qui a cessé la production de la Dodge Dart et de la Chrysler 200 pour se concentrer sur des produits plus rentables (les camions) illustre bien ce cas.

On ne peut blâmer les constructeurs, car pourquoi investir dans le développement d’une voiture lorsqu’on peut générer plus de profits avec les VUS ? C’est pourquoi certains constructeurs comme Jaguar, Maserati et Alfa Romeo ont récemment lancé des VUS, à la grande surprise des consommateurs. En tenant compte de tout cela, nous pouvons présumer que les VUS seront de plus en plus nombreux sur nos routes. Je prévois même, dans un avenir rapproché, une division du marché de 85/15.

Si vous êtes un adepte de voitures, sachez que celles-ci se feront de plus en plus rares. La meilleure chose que le consommateur peut faire pour sauver cette race, c’est d’acheter une voiture avant son extinction ! Car elles sont sur la liste des espèces menacées. À moins que les multisegments ne soient en réalité des voitures habilement déguisées ?

Catégories : Concessionnaires

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